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International

Commission : Juncker I est là

  15 Sep , 2014       Jennifer Neilz

Group photo, from left to right,in the 1st row: Carlos Moed

© European Commission

Nouveau Parlement, nouvelle Commission: les institutions européennes font peau neuve sur fond de crise. Tour d’horizon des nouvelles tendances.

Lourd verdict au lendemain des élections européennes: un cortège d’extrême droite et d’europhobes fait son entrée en force au Parlement. Gué-guerres pour former un groupe parlementaire, les europhobes boycottant l’hymne européen lors de l’ouverture de la première session… De quoi s’attendre au pire dès la rentrée parlementaire. Point rassurant, l’Allemand Martin Schulz (S&D, alliance sociale-démocrate) a été réélu Président avec une large majorité, soutenu par les gros groupes politiques. En prévision donc: un bloc des principaux partis contre les partis extrémistes et europhobes, très divisés.

Les déboires de la Commission

Côté Commission, au lendemain de son élection comme Président, Juncker a laissé un mois aux états membres pour envoyer les noms des candidats qu’ils souhaitaient désigner comme Commissaires. à coté des 25 Commissaires européens, les deux hauts postes (le Haut représentant pour les Affaires Etrangères et le Président du Conseil européen) auraient dû être pourvus… mi-juillet. Mais, c’était sans compter sur les jeux de pouvoir: pays bataillant pour un portefeuille (la France et l’Allemagne souhaitant coûte que coûte un portefeuille économique), partis politiques soutenant tel ou tel candidat pour le poste de Haut Représentant, petits états ayant des revendications particulières et ne souhaitant pas être relégués aux «petits» portefeuilles, etc. Résultat? Enlisement des négociations et nouvelle date limite portée au 30 août pour décider de l’attribution des hauts postes et pour que les états remettent leur liste.

 La parité à l’arrachée

Mais le président de la Commission européenne devait compter sur un autre facteur: la parité. Alors qu’il en avait déjà fait un cheval de bataille dans son programme, la pression est venue de partout: menaces des eurodéputés de rejeter le collège européen, campagne de certains politiques et ONG (#TenOr- MoreWomen), courrier commun des 9 femmes commissaires actuelles… Juncker a fait tout son possible pour convaincre les états de présenter des femmes. Avec à la clé des promesses de portefeuilles plus importants, rien que ça ! à la veille du 30 août, panique dans les coulisses: il n’y aurait que 4 femmes candidates. Le lobbying «junckérien» a donc continué. Au final, le verdict est tombé le 10 septembre: 9 femmes commissaires, soit autant que sous Barroso II … L’honneur est sauf.

 

Le profil de la nouvelle Commission Une Commission politique, dynamique et efficace, qui va permettre à l’Europe de prendre un nouveau départ. Voilà comment Juncker présente son équipe (qui doit encore être auditionnée et approuvée par le Parlement). Beaucoup d’anciens chefs de gouvernement, 9 femmes à des postes-clé, quelques DG remaniées (fusion des DG Climat et Energie), nouvelle DG Stabilité financière… Autre nouveauté: 7 postes de vice-présidents aux compétences transversales, chargés de coordonner le travail d’autres commissaires et garants des priorités politiques. Avec un premier vice-président, le Néerlandais Frans Timmermans, bras droit du Président. Coté belge, l’eurodéputée Marianne Thyssen (CD &V) a hérité du gros portefeuille Emploi, Affaires sociales, Compétences et Mobilité professionnelle. Enfin, côté jeunesse, notons que le portefeuille Education, Culture, Jeunesse et Citoyenneté revient au Hongrois Tibor Navracsics, Ministre des Affaires étrangères sous le très controversé Viktor Orbán.