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Politique

Des partis et des programmes

  13 Mai , 2014   ,    Nurten Aka

Les partis font campagne et étalent leurs visions "fortes" pour la société. Dans leurs programmes-pavés La jeunesse  a forcément sa place. Le secteur Associatif et le non-marchand aussi.

 «Le but des programmes, explique le politologue Jean-Benoit Pilet (Cevipol-ULB), vise les  autres partis avec lesquels former gouvernement. Ils signalent les points de convergence. Mais le but principal est de parler à tous les publics cibles version catalogue exhaustif». Dans l’effusion des propositions, chacun est dans la logique de son parti. Nous avons épinglé quelques propositions significatives.  Par ordre  alphabétique.

Le cdH propose un « pacte pour l’accueil extra-scolaire» sur base d’ «Etats généraux », avec une «augmentation de 4% par an des moyens ». 4% est aussi l’augmentation (dès 2015) du budget des écoles de devoirs. Concernant les centres de vacances, le cdH prévoit d’appliquer le décret à 100%  «notamment dans le subventionnement des animateurs bénévoles ». Autres propositions : « Génération 2025 », une méga consultation des jeunes 18-30 ans ; un « réel Conseil des jeunes au niveau national, régional et local ». Pour le secteur : financer de nouveaux  OJ et CJ,  simplifier les démarches administratives. Concernant les emplois ACS et APE, le cdH propose qu’ils soient « clairement un outil de subventionnement » du secteur jeunesse, non sans lier le maintien d’un poste auprès de son employeur à une évaluation des résultats. Autres mesures  cdH: créer un service volontaire citoyen, reconnaître la Plateforme Francophone du Volontariat comme lieu consultatif et mettre pleinement en œuvre la charte associative…

Chez Ecolo, la jeunesse est la troisième priorité-étendard du parti. Programme : développement du secteur (consolider les budgets, augmenter le volume emploi, assurer une couverture territoriale des maisons de jeunes, agréer de nouvelles OJ, soutenir des initiatives en milieu populaire et chez des jeunes porteurs de handicap, prévoir un nouvel accord non-marchand, appliquer la Charte associative, orienter les aides à l’emploi pour le non-marchand. Autres mesures : un  « Bagic »  pour le secteur OJ, une dispense de visa pour les volontaires étrangers et enfin,  la poursuite de ses bourses « Plan Jeunesse » et la volonté de pérenniser la Conférence interministérielle jeunesse (CIM)…

Du côté du MR, le chapitre « Jeunesse/Aide à la jeunesse » (sic) du programme wallon 2014 préconise d’« inciter les jeunes, en ce compris les jeunes primo-arrivants, à rejoindre le tissu associatif», de « s’assurer que  la jeunesse non-organisée soit intégrée dans le dialogue politique-jeunesse », de soutenir le secteur. Concernant les  aides à l’emploi : « harmonie et efficacité ». Le MR prévoit  la suppression des délais de chômage pour en bénéficier, un cadastre des APE et l’évaluation du dispositif ACS.  Le MR souhaite « fixer un plafond du nombre d’ACS pour toute la législature afin de travailler en enveloppe fermée ». Enfin, à destination des jeunes de – 18 ans,  le parti réformateur propose un cours de civisme dispensé, entre autre,  «dans le cadre d’activités des écoles de devoirs, des stages de vacances ». Et à Bruxelles, un service civique à effectuer entre 14 et 18 ans afin d’apprendre le « respect des normes et de la responsabilité au sein de la société ».

Au PS, les socialistes veulent un  secteur non-marchand « fort »  en défendant « l’exception non-marchande » dans la directive-cadre européenne sur les services d’intérêt général. Par ailleurs, dans cette législature, le PS voudrait assurer  l’application (décrétale) de la Charte associative. Autre projet : développer des projets intersectoriels grâce à la simplification « dossier unique » auprès de l’administration. Enfin, pour pérenniser les négociations du non-marchand, le PS propose de créer une structure de concertation permanente. Autres propositions PS : « améliorer les couvertures des maisons de jeunes et centres de jeunes, avec une priorité pour  les communes à l’indice socio-économique peu élevé » ; pérenniser les aides financières « infra » (décret en vue ?) ; développer des campagnes de sensibilisation pour encourager la mobilité internationale des jeunes en difficulté…

Quant au  PTB-GO !  qui semble faire son chemin dans ces élections, il  propose dans une logique de gauche radicale de combattre les inégalités. Le secteur n’est pas (encore) mentionné comme tel. Toutefois, le PTB GO !  programme l’abolition de la loi sur les SAC, l’abrogation du Traité de Lisbonne et du Pacte budgétaire européen (TSCG). Le parti demande plus de personnel pour le non-marchand qu’il considère comme un service public. Autres mesures : des classes de 15 à 20 élèves maximum,  et carrément une « re-fédéralisation de l’enseignement »  ou encore « la suppression des cabinets ministériels »…

Au politologue de conclure :« c’est un classique de campagne de revivifier ses couleurs politiques. Le but : faire rêver l’électeur pour qu’il vote pour vous. D’ailleurs, on est conscients que cela reste éloigné de la réalité. Si on devait chiffrer les programmes des partis, ils ne seraient pas payables. Le but n’est pas qu’ils le soient car tout se fera en fonction de la coalition et des négociations futures. »