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Politique

Image des jeunes dans la presse

  20 Sep , 2015   , ,    Elodie Housiaux

Depuis toujours, les médias jouent un rôle dans l’image des jeunes renvoyée au grand public. Ces jeunes qui ont l’impression d’être oubliés par les journaux ou d’y être représentés négativement. Dans cette optique, l’Association des Journalistes professionnels (AJP) a réalise une étude sur le sujet et un guide de bonnes pratiques pour combattre les stéréotypes. Zoom sur les résultats d’un constat : «l’image des jeunes dans les quotidiens fait l’impasse sur leur engagement dans la société, à l’école ou au travail. Ils sont généralement présentés comme sportifs, délinquant ou victimes».

Vous avez dit « jeunes » ? Quels jeunes ?
Première question légitime, parle-t-on des jeunes dans la presse ? Oui, 46% des personnes présentes dans les journaux ont moins de 30 ans mais ces résultats sont à nuancer car on fait très peu mention des ados et des enfants (<18 ans) et l’égalité hommes-femmes est loin d’être respectée puisque 70% des articles mettent en avant le sexe masculin. Ce dernier point se justifie par deux constats : la préférence de la presse à couvrir des sports « dits » masculins (foot, basket…) plutôt que les sports « dits » féminins et l’importante représentativité des jeunes du sexe masculin dans les articles sportifs (un jeune
sur 2).  Côté activité, les journaux font la part belle aux jeunes travailleurs plutôt qu’aux étudiants ou aux chômeurs.

Les jeunes s’expriment-ils dans les médias ?

Si la presse parle des jeunes, elle ne leurs donne en revanche que très peu la parole. Moins d’un jeune sur cinq s’exprime dans les journaux – et il s’agit surtout de jeunes adultes (19 à 30 ans). De plus, malgré la forte représentation des catégories plus âgées, les jeunes sont très peu sollicités pour leurs convictions, leur position de porte-parole ou en qualité d’expert.

Comment parle-t-on des jeunes ? 

Sur ce point, les résultats du baromètre sont interpelants, puisque on constate que les journaux renvoient une image négative dans plus de la moitié des cas. Ce constat est d’autant plus vrai pour les enfants et les ados respectivement dépeints comme « victimes » ou comme « délinquants ». Heureusement, la tendance s’inverse pour les jeunes adultes mis en avant pour leurs diverses réussites, surtout sportives. Qu’il s’agisse d’âge, d’origine ou de sexe … en matière de représentativité des jeunes dans la presse, des efforts restent encore à fournir de la part des journalistes.

« Dans les journaux, 1 jeune sur 2 se retrouve en sport. Sinon, c’est dans les pages « Culture » mais aussi dans les « Faits divers » que l’on trouve le plus de jeunes. ». Source AJP.

« Dans les journaux, 1 jeune sur 2 se retrouve en sport. Sinon, c’est dans les pages « Culture » mais aussi dans les « Faits divers » que l’on trouve le plus de jeunes. ». Source AJP.

Les bonnes pratiques

L’AJP a répertorié quelques bonnes pratiques pour que les jeunes découvrent le monde de la presse, que les journalistes puissent déconstruire les stéréotypes sur les jeunes. Par exemple, les JFB (journaux francophones belges) ont mis en place, il y a plus de 20 ans, « une grande opération permettant aux écoles de recevoir gratuitement les quotidiens en classe :
« Ouvrir mon quotidien ».

Le « JEF, le magazine du Conseil de la Jeunesse », est également une belle initiative puisqu’il est réalisé en partie par le comité du Conseil ainsi que par des jeunes volontaires. On découvre d’autres outils comme des « fiches pédagogiques » explorant le monde des médias, comme «Chips Stamp Media»,  une agence de presse gérée par des jeunes. Et d’autres bonnes pratiques : « Parlons jeunes »,  « Move with Africa », « Fais ton journal », « Bondy Blog », « Positive Media Award »… Un guide avec l’explication de ces projets suivie par les avis et commentaires des journalistes de la presse quotidienne (Le Soir, La libre, Sudpresse). A télécharger sur le site de l’AJP : www.ajp.be