Le mardi 12 mai, une nouvelle manifestation nationale rassemblera à Bruxelles les organisations syndicales, le monde associatif, les secteurs de la Jeunesse et plus largement de la Culture, ainsi que toutes celles et ceux qui refusent de voir la solidarité reculer.
Dans un contexte où les prix explosent et où le pouvoir d’achat s’effrite, il devient urgent de remettre l’entraide, la justice sociale et l’intérêt collectif au cœur des décisions politiques. Depuis plus d’un an, la mobilisation s’organise et s’amplifie. La COJ et ses membres sont descendus plus d’une fois dans la rue pour faire entendre une parole sectorielle et donner une voix aux jeunes. La campagne « associations en danger » a été lancée au dernier trimestre de 2025 dans ce but.
Mais aujourd’hui encore, les mesures des différents gouvernements touchent fermement notre secteur et les attaques continuent. Pour nous, le constat est sans appel : ce n’est pas seulement un manque de moyens, c’est un détricotage progressif de notre capacité d’agir, de créer du commun et de transformer la société. Il y a deux ans, au moment des élections, nous avons affirmé des orientations claires pour la Jeunesse. Nous avons rappelé que les Organisations de Jeunesse sont des lieux de vie, d’expression et de participation, où les jeunes construisent leur regard sur le monde et portent leurs revendications. Plus largement encore, nous avons rappelé une chose essentielle : le mouvement associatif n’est pas un sous-traitant des politiques publiques. C’est un acteur de transformation sociale. Son action repose sur l’éducation permanente : donner les moyens de comprendre le monde pour pouvoir le transformer.
Donner les moyens au secteur Jeunesse et à l’associatif, c’est :
Or, c’est précisément cette capacité qui est aujourd’hui fragilisée.
Les évolutions récentes et multiples (tentatives) de réformes des politiques publiques et des modes de financement contribuent à réduire progressivement l’associatif à un rôle d’exécutant. Le renforcement des cadres administratifs, la multiplication/la refonte, sans concertation, des appels à projets et la rigidification des contrôles transforment et tendent profondément la relation entre pouvoirs publics et associations.
Plus encore qu’hier, on passe d’un partenariat fondé sur la confiance à une logique de contrôle. On passe d’un soutien structurel à une logique de financement fragmenté et conditionné. On arrête de subventionner (moratoire). On passe d’un acteur de co-construction à une logique de prestataire. Ce glissement n’est pas neutre : il touche directement notre capacité à agir et donc à la liberté associative.
Concrètement, cela se traduit par :
Dans le même temps, les mesures antisociales accentuent cette dynamique : en affaiblissant les services publics et les mécanismes de solidarité, elles augmentent la pression sur le secteur associatif, tout en réduisant les moyens disponibles pour y répondre.
Ce que nous défendons, ce n’est pas seulement un secteur : c’est une manière de faire société.
Le secteur associatif et en particulier les Organisations de Jeunesse :
Mais pour remplir ce rôle, encore faut-il garantir :
Aujourd’hui, c’est plus que jamais l’inverse qui se produit : complexification, instabilité, contrôle accru et in fine mise en tension progressive du secteur.
Malgré un focus sur la santé mentale et l’éducation aux médias dans la trajectoire Jeunesse de la législature, les jeunes continuent de faire face à une réalité de plus en plus dure : précarité, isolement, détresse psychologique, sentiment d’injustice. Et pourtant, ils restent engagés, lucides, porteurs d’alternatives.
Mais les lieux qui devraient les soutenir, les écouter et les accompagner sont eux-mêmes fragilisés.
Le 12 mai, la COJ sera présente une nouvelle pour le rappeler avec force, car nous refusons à la fois le recul de la solidarité, le détricotage de notre capacité collective à agir, et la réduction du monde associatif à un simple outil d’exécution.
Nos priorités restent les mêmes — et elles sont plus urgentes que jamais :
Face à la poursuite des réformes antisociales et au recul progressif des capacités d’action du monde associatif, il est devenu indispensable de continuer à se mobiliser, car ce mouvement touche à la fois les conditions de travail, la jeunesse et l’avenir même de ce que nous construisons collectivement.
Les jeunes méritent mieux qu’un secteur fragilisé et placé sous pression permanente. Aujourd’hui, ce que nous avons construit avec et pour eux se trouve affaibli, et c’est cette dynamique qu’il faut enrayer.
Le 12 mai, nous voulons faire entendre une voix claire, collective et déterminée, non seulement pour défendre ce qui existe encore, mais aussi pour éviter que des acquis sociaux et de jeunesse essentiels ne disparaissent peu à peu.
Il s’agit de défendre une jeunesse réellement écoutée, de renforcer un mouvement associatif solide, et de préserver la capacité de notre société à se transformer elle-même.