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#16 Mai 68, à ceux qui viendront après nous…

  23 Mar , 2018    COJ

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Mai 68 a 50 ans ! L’icône Daniel Cohn-Bendit avec son « vœu de silence » ne peut échapper aux interviews même s’il a préféré traverser la France 2018 avec son acolyte Romain Goupil dans un film-bilan qui sortira en mai. L’Histoire a le dernier mot.
Edito

Même fantasmée, 1968 restera une année-phare (et spectaculaire) des Golden Sixties, cette décennie bouillonnante de mouvements sociaux, de la contre-culture et des indépendances. à bas le vieux monde clamait-on de part et d’autre de la planète, de la Californie à Bruxelles, en passant par Mexico, Paris, Tokyo, Prague, Dakar…

« Tout le monde, ou presque, voulait la révolution » en « rabâchant Mao » se rappelle notre témoin-critique, le journaliste Christian Jade (RTBF) qui retiendra de 68-18 « la révolution des mœurs et les mouvements féministes ». Pour le sociologue, Guy Bajoit, autre témoin, « Mai 68 fut une crise de l’ancien monde, celui de l’homme-blanc-adulte-riche ». Dossier Mai 68, à ceux qui viendront après nous à lire pp 6-11.

Du « gauchisme existentiel » – dira Edgar Morin – qui transforma la vie quotidienne plus que le système politique. C’est oublier, par exemple, que les conseils d’administration se sont démocratisés et ouverts à la participation des jeunes.

Les années 70, c’est aussi un boom associatif. Comme la COJ, en 1975, près d’une dizaine de nos organisations de jeunesse y ont vu le jour : le Groupe Ifac en 1971, Nature et Loisirs en 1972, le Siep et la Confédération Parascolaire en 1973… Pour les Auberges de Jeunesse (1933), Mai 68, c’était « l’autogestion, le début de l’écologie, le rejet de l’autorité, l’antimilitarisme, le pacifisme, les festivals de musique, … Et quelques années après, la faillite financière, la nécessité de restructurer le réseau, d’installer un nouveau modèle de gestion plus rigoureux tout en restant participatif… » explique Bernard Fauville, son actuel directeur. Pour l’assistant politique de la COJ, Mathieu Midrez, 27 ans, Mai 68 résonne « comme une page de l’Histoire au même titre que l’état-providence ou la Seconde Guerre Mondiale ».

Aujourd’hui, 50 ans après ? Cohn-Bendit (et en filigrane nos intervenants) voit un lien 68-18. « De 68 à Me#Too ou de 68 à la désobéissance civile de celles et ceux qui aident les migrants ».

Mai 68 vaut donc bien une messe. D’ailleurs, significatif, la chronique libre de notre adolescent de 17 ans s’intitule…  Rêvolution.

Yamina Ghoul